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pied, à vélo, autour de
Saint-Pierre Ile de la Réunion |
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| Eruption d'août 2004 - A vélo jusqu'à la coulée | ||
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![]() De dos, le cinéaste
Alain
Mussard, le lundi 23 août 2004, gran matin, filmant le
troisième bras arrivant sur la route ...
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| 23
août 2004 - St-Pierre - 4h15 - Départ vers le Grand Sud
sauvage. Dès 4h25, c'est la traversée de Grands-Bois, avec un
flot soutenu de véhicules venant d'en face. Un cachalot
est devant, il double un camion de la CGEA qui vide les poubelles.
Malheureusement, le cachalot ne tourne pas à la plate-forme de Grands-Bois, il
continue et entame la longue montée vers Petite-Ile. En face, des
phares carrés et rapprochés, un gyrophare au-dessus, c'est un tracteur
et son énorme remorque qui descendent, à vitesse réduite. A 4h35, le
pont sur la rivière des
Remparts à St-Joseph
est en vue. A 4h45, le cachalot, enfin, tourne à droite à la
plate-forme de Langevin
! Juste à l'arrêt du "Car Jaune" de Girofles, voici la première
pancarte "route
coupée au Tremblet". Et maintenant, c'est le cortège, deux
cachalots suivis par un nouveau camion de la CGEA (qui lui, ne s'arrête
pas), et une auto. A 4h 50, passage à Basse-Vallée, et les
deux cachalots vont tourner peu après à la plate-forme du
Baril. La pluie annoncée - Il est 5 h, voici St-Philippe et la pluie, brusquement, se met à tomber ! A la sortie, encore un panneau "route coupée" afin de nul ne l'ignore ... Encore un gyrophare au loin, c'est un tracteur et sa remorque, vide. Ilet aux palmistes, les coulées de 1986, dans les phares, puis la ravine des Citrons Galets, et l'arrêt "Kiosque" est atteint à 5h15. Maintenant voici la descente dans l'Enclos, le long du rempart, et déjà, malgré la pluie qui redouble de violence par moments, le ciel, vers le nord, est rougeoyant par intermittence. Depuis St-Philippe, la circulation est quasiment nulle, il n'y a plus de phares qui coupent la nuit, et brutalement, on arrive sur une autre planète, avec des nuages sur lesquels se reflètent les lueurs de la lave qui bouillonne et des flammes des incendies dans la végétation ... |
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![]() Vers 5h30, ce n'est pas la cohue, et il pleut des cordes. Le vélo bien
calé avec un bois de goyavier, à quelques mètres de la coulée, Il faut essayer de se faufiler aux premières
loges ...
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Enfin deux
autos en face, puis le panneau "route coupée
à 3 km", voici la coulée de 1976 avec le sentier
botanique, une auto grise est garée à droite un peu plus loin, seule.
Encore un panneau "route coupée
à 2 km". Sans doute pour redonner espoir à ceux qui
étaient déjà ici, à marcher, samedi et surtout hier. Et toujours la
pluie qui tombe en rafales. Voici les premières autos
stationnées au kilomètre 52 depuis Saint-Pierre, voici des
barrières métalliques, avec un militaire en faction, doté d'une lampe
frontale. Il faut faire immédiatement demi-tour pour revenir se placer
dans le sens du départ, à une centaine de mètres de là, en choisissant
un accotement large et pas trop boueux ...
Le spectacle est gratuit, mais il se mérite ... Il est 5h25. Une certaine animation règne déjà, et on assiste plus à des départs qu'à des arrivées. Dans le noir, le vélo est sorti de l'auto, les deux lampes avant et arrière sont allumées, et en route, sous la pluie. Les barrières sont passées, dans l'obscurité, avec, à droite, des tentes de l'armée et deux camions, voici bientôt la coulée de gratons 2002, celle qui a enseveli une nouvelle fois la borne Hubert-Delisle, qui marquait la frontière entre Sainte-Rose et Saint-Philippe, la route redescend, un virage à droite, puis à gauche, et toujours la pluie, qui gicle dans les jambes et le dos, la capuche s'est envolée et se remplit d'eau, et il faut faire très attention aux marcheurs en groupes qui occupent sans vergogne toute la largeur de la chaussée, et bien souvent sans la moindre lumière ! En sept minutes, voici la coulée, au niveau d'une petite"bretelle" goudronnée, à gauche, juste avant le kiosque situé à l'entrée de la "route forestière géothermique de Sainte-Rose" |
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![]() Vers 6 h, la coulée se
rapproche lentement mais sûrement du vélo, il est temps de se replier ...
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| L'eau et le feu - Dans la nuit encore noire, il était facile de continuer sur la route nationale, la coulée apparaissant bien à une centaine de mètres, justement au niveau du kiosque, mais une cinquantaine de personnes sont là, à gauche, sur la fameuse "bretelle". En effet, la coulée s'étale sur un large front, tout du long de cette partie bitumée, qui surplombe une zone plus basse, qui se remplit de lave, progressivement. Elle mordille même par endroits le goudron, embrasant les filaos et les goyaviers, s'étirant vers le sud, par derrière une rangée de végétation qui lutte encore contre le feu. Le vélo est installé, une grande branche de goyavier à terre servant de béquille. C'est un premier plan idéal. Mais il faut jouer des coudes, car malgré le peu de monde, ceux en première ligne se font prier pour laisser la place aux autres. Alain Mussard est présent, avec une grosse caméra numérique sur pied, emmaillotée dans plusieurs épaisseurs de plastique, posée loin devant, vers le kiosque et il fait le va-et-vient entre elle et les premières lignes de spectateurs. L'unique gendarme présent se tient au pied d'un tas de bois brûlé à même la chaussée et il intervient assez sèchement auprès des personnes qui voudraient dépasser vers le nord sa position sur la "bretelle", ne serait-ce que d'une semelle ... | ||
![]() La coulée avance lentement ...
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![]() ... à travers la végétation ...
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![]() ... et va atteindre la route une première fois ...
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![]() Le jour se lève, la lave a atteint le bitume une
seconde fois ...
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| Les "artistes" en pleine action - Certains spectateurs s'approchent, à moins d'un mètre de la coulée, à la "pêche" de la lave en fusion, qu'ils tentent d'enrouler, souvent avec succès, autour d'une perche de goyavier, et qu'ils essaient de ramener sur l'herbe pour la "travailler". Il y en a eu, des artistes créateurs, si on en juge par le nombre de branches à l'extrémité noircie qui jonchent le sol. Certains profitent de l'obscurité pour se glisser entre les pieds de goyaviers encore bien verts pour atteindre la coulée, à l'est de la "bretelle". Mais le jour se lève, dissipant la féerie de la nuit. Cependant la coulée progresse toujours en semblant s'étaler sur un front plus large, avec une alternance de crépitements violents des bois qui s'enflamment, à quelques mètres de nous, et de grondements plus lointains. Un grand filaos s'embrase, des brindilles incandescentes voltigent, provoquant des exclamations de l'assistance. Des fumerolles sont rabattues vers le public. Ici, ce n'est pas un mur de gratons qui arrive, mais une lave pâteuse, cordée, de faible épaisseur, qui s'étale progressivement. La pluie va devenir intermittente, puis va donner un répit aux photographes ... | ||
![]() D'abord, tremper la perche de goyavier dans la lave, la tourner et la
retourner prestement ...
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| Certains doivent aller travailler ... Ce sera le moment pour certains de quitter à regret le spectacle pour aller travailler ! Du côté des gendarmes, la relève sera à 6h30. Le militaire de service sera nettement plus convivial que le précédent, mais il saura prendre une décision rapide de replis, à 6h45, lorsqu'une sourde explosion se fera entendre, derrière les spectateurs. En effet, la coulée commençant à attaquer le bitume par l'ouest, un jet de vapeur va sortir brutalement de l'autre côté de la chaussée, à l'est, et chacun va pouvoir alors se rendre compte que la chaussée était bordée de chaque côté d'énormes "trous", cachés par la végétation luxuriante. Certains posent rapidement une main sur le bitume : il est déjà bien chaud, des gaz doivent s'infiltrer sous la chaussée. Le vélo est rapatrié, ainsi que la branche de goyavier, vers la fourgonnette des gendarmes, garée à l'intersection sud de la nationale et de la "bretelle". Vers 7 heures, de nouveaux militaires arrivent, des agents de la DDE vont placer des barrières et du ruban de chantier plus en aval, sur la nationale elle-même, et sur la "bretelle". La-bas, dans le virage près du kiosque, un filaos déjà couché sur la chaussée masque l'avancée réelle de la coulée, Alain Mussard doit battre en retraite lui aussi, des tourbillons bleutés vont l'envelopper un moment. Pendant ce temps, des agents de l'ONF, sacs poubelle à la main, ramassent des bouteilles et les détritus abandonnés ... | ||
![]() ... puis la soulever sans laisser tomber le morceau de lave
incandescent, c'est tout un art, et on ne réussit pas à tous les
coups ...
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Le
retour - A 7h15, la pluie revient. Direction retour vers le sud, doublant plus
souvent que croisant, avec au passage les pompiers, à droite, sous la tente, et des
militaires prenant le petit déjeuner, à gauche, juste avant les
premières barrières. Arrivé au pied du
rempart, peu après le sentier botanique, voici deux vététistes,
toujours sous la pluie. Mais dès Citrons Galets, il ne pleut plus ! A
"Escale Bleue", le soleil arrive ! Un peu d'animation à Saint-Philippe,
il est 7h46, des enfants attendent aux arrêts de car. Au Baril, les
camions remplis de canne ralentissent la circulation. A 8h, arrivée à
Saint-Joseph, mais il faudra une demi heure pour arriver au pont de la
rivière des Remparts, alors que la circulation semble fluide dans
l'autre sens. La descente de Grands-Bois est ralentie également,
jusqu'à l'usine. Saint-Pierre, retour aux feux rouges ...
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![]() La chaussée est déjà jongée de débris ...
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![]() ... alors que la coulée atteint le bitume ...
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Procurez-vous
à la Maison du Volcan et dans
les Offices du Tourisme le dépliant
édité par la préfecture de la Réunion, en partenariat avec l'Observatoire volcanologique,
la gendarmerie
et l'ONF
: Piton de la Fournaise, conseils et prévention,
qui présente les dangers et les consignes de randonnées, les
différentes phases d'alerte, des conseils, des chiffres-clés et les
numéros de téléphone à retenir.
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