| A
pied, à vélo, autour de
Saint-Pierre Ile de la Réunion |
| L'éruption du 4 octobre 2005, montée au cratère Dolomieu |
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8 octobre 2005 - C'est le jour de réouverture de l'Enclos Fouqué, et dès 6 heures, les marcheurs se sont élancés vers le cratère Dolomieu où deux plates-formes d'observation avaient été balisées par les agents de l'ONF ..
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![]() Lundi
10 octobre 2005 - 6h10
- La grille du Pas de Bellecombe est
grande ouverte, et nul portier à l'horizon ...
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![]() Le baro est dégagé de sa chaîne et de ses deux gros cadenas. Le soleil est pourtant levé depuis une bonne demi-heure,
mais il ne fait pas chaud, le pantalon, le pull en polaire ne sont pas de trop,
surtout dans l'ombraz de la descente vers l'Enclos Fouqué ..
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![]() L'ombre portée du Formica Léo, apparu en 1753, d'après la pancarte incrustée dans une dalle de lave, apparaît gigantesque ...
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![]() Vers le sud-est, au loin, le rempart est illuminé ...
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![]() 6h27 - Deux marcheurs s'attardent
pour faire des photos du Formica Léo, que personne ne songe à
gravir ce matin, préférant s'élancer directement vers le sommet du Piton de la Fournaise ...
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![]() 6h47 - La Chapelle de Rosemont est dépassée. A la bifurcation, deux gendarmes sont déjà à pied d'œuvre,
direction obligatoire à gauche, vers la Soufrière, car le sentier
direct vers le cratère Bory est fermé par des guirlandes de
ruban de chantier. L'ONF n'a pas lésiné sur les
rubans, il y en a bien plusieurs centaines de mètres qui vont flotter au
vent, et qui seront à récupérer une fois l'éruption terminée ...
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![]() C'est maintenant la lente ascension vers la Soufrière, trou à l'origine
de quelques mètres de large et qui, depuis 1965, ne fait que s'agrandir
à chaque effondrement, en témoignent les différentes clôtures aux fils
métalliques. La coulée de gratons de 1953 est effleurée, la pente s'accentue,
en progressant vers l'est. Les nuages cachent déjà les Grandes
Pentes. En contrebas, le Puy Mi-Côte, le Piton Célimène, le Kapor,
vestiges de précédentes éruptions, veillent. Le Piton de
Partage, puis le Nez
Coupé de Ste-Rose, émergent de la mer de nuages
...
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![]() 7h24 - La bifurcation avec le sentier vers le cratère Bory annonce la proximité
de la Soufrière. Le sentier qui fait le tour du cratère est fermé. Il faut longer maintenant
un ruban de chantier soigneusement coincé sous des roches volcaniques, tout du long de
la Soufrière, dissuadant d'accéder directement au bord du
cratère ...
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![]() En se retournant, vers le nord-est, admirez les caldeiras encastrées,
toutes témoins de gigantesques effondrements à la suite d'éruptions
ayant entraîné la vidange de poches magmatiques : la
première, celle de l'Enclos Fouqué, datant de cinq mille ans, puis
une seconde, celle des
Sables, de 65 mille ans, qui cache ensuite celle des Remparts,
formée il y a plus de deux cent mille ans. Au fond, le Piton des Neiges (3 070 m) et à gauche, le Grand
Bénare (2 898 m)
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![]() 7h33 - La Soufrière (2 517 m) vient d'être dépassée, et voici le premier point
de vue sur l'intérieur du cratère Dolomieu. Deux gendarmes sont
présents , et pour le moment, une petite
dizaine de randonneurs plutôt âgés. Accueil bon enfant, une gendarme donne même des renseignements. L'éruption se situe à près d'un kilomètre d'ici, et les projections ne dépassent
que de quelques mètres le haut du cône ...
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![]() Des grondements, des claquements se
répercutent et s'amplifient à l'intérieur du cratère Dolomieu. A droite, le Piton Kaf semble veiller sur son
petit frère. Le front de lave avance
sournoisement ...
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![]() La surface noircie, apparemment refroidie, laisse parfois
entrevoir des filets rougeoyants, des dégazages se produisent, laissant deviner un magma
incandescent, qui, progressivement, va tapisser tout l'intérieur du cratère ...
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![]() 7h39
- Départ pour le second point de vue, plus au sud, en contournant le
Dolomieu par l'est. Parcours à l'aveugle, sans vision directe
sur le cratère, la trace se situant à plusieurs dizaines de mètres du bord - des
failles et des effondrements pouvant se produire à tout moment. Le
ruban balise a été déroulé ainsi sur plusieurs centaines de
mètres. La mer est malheureusement
cachée par la couche dense des nuages. Les stations de l'Observatoire
volcanologique, un peu plus bas, sont dépassées. Deux gendarmes
reviennent vers la Soufrière, une photocopie de la carte IGN du
secteur à la main, dans ce secteur de creux et de bosses, en
descente régulière, alternant dalles, laves cordées, lapilli ...
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![]()
8h - Arrivée au deuxième point de vue officiel. Ce n'est pas encore la foule. Le seul touriste présent
d'ailleurs se fait photographier par l'unique gendarme présent également (un second arrivera peu après). Ici aussi, l'ONF n'a pas lésiné
sur le ruban, et les poteaux, apportés à dos d'homme ... d'autant plus que
c'est là que se situe le point le plus bas du bord du cratère, et qu'une
pente douce dans les lapilli - témoin d'une ancienne
éruption à flanc - permettrait d'accéder à l'intérieur du cratère, si
cela n'était interdit depuis un arrêté préfectoral de 1992. Il est vrai
que la topographie de l'intérieur du cratère Dolomieu change pratiquement
tous les ans, rendant la carte IGN obsolète, l'Enclos Vélain, le Piton
Gueule Rouge ont disparu depuis longtemps, le niveau du plancher du cratère lui-même a
changé, la croûte peut être fragile par endroits et déceler de
véritables chausse-trappes, la vidange des chambres magmatiques pouvant
receler des cavités? On est loin du mamelon central
décrit par Bory de Saint-Vincent au début du 19è siècle, le cratère
Dolomieu datant lui-même de 1931 ...
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![]() 8h07 - Le cône éruptif n'est plus qu'à 600 - 700 mètres, en mesurant approximativement sur la carte. Le gendarme de faction discute avec les randonneurs, se renseigne
même, car il appartient à une brigade tournante, arrivée sur l'île
récemment pour une visite ministérielle, et restée provisoirement pour
encadrer l'ouverture de l'Enclos au public. Il reconnait que la connaissance
du terrain lui manque et il découvre qu'on peut faire le tour complet du
cratère habituellement. Dans le silence ambiant, les
bouillonnements, grondements, claquements secs, réguliers, mais
imprévisibles, résonnent particulièrement. Calme de courte
durée, car la ruée des engins aériens à moteur va commencer, hélicoptères, avions, ulm, vont se succéder en tournoyant au-dessus du cratère, jusqu'à quatre à la fois, suscitant alors les
protestations des terriens. L'ATR aux couleurs du paille-en-queue
va même effectuer un passage à proximité, en descente vers Pierrefonds
...
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![]() Heureusement le mode rafale permet
d'augmenter les chances d'accrocher un peu de
vermillon sortant du cratère.
De nuit, cela aurait eu une toute autre allure ... |
![]() Sur la gauche du nouveau piton, surgissent du sol des nappes de fumerolles ...
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![]() C'est un jaillissement au-dessus, par devant, à droite, ou à gauche. Les projections sont visibles à l'œil
nu, les lambeaux rouges se détachent du cône lui-même, mais
malheureusement, la couleur du fond par derrière, celle des pentes
du piton Kaf, de couleur rosâtre, ou du rempart du cratère
Dolomieu, ne se prête pas à faire ressortir la couleur des projections ...
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![]() Au fond, le rempart Sud de l'Enclos se couvre avec la remontée des nuages. Sur le flanc, se détache une masse plus foncée
au deuxième plan, le cratère Maillard (1966).
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![]() 8h23 - Ce n'est pas encore la foule, mais les deux gendarmes
vont avoir parfois l'occasion de donner de la voix, lorsqu'un des
spectateurs veut s'approcher d'un peu trop près du bord. Assis du
mauvais côté du ruban, un agent
de l'ONF en fera même les frais plus tard, ayant mis un parka sur son uniforme
vert, et malgré la présence de son collègue et de leur instrument, la pince à
ramasser les papiers, il sera obligé de montrer son écusson ...
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![]() Le panneau rappelant l'interdiction d'accès au fond du cratère
Dolomieu est en bonne place, au niveau de descente en pente
douce dans les lapilli, justement, là où de nombreuses traces de chaussures sont visibles. Relève des gendarmes, qui changent de poste régulièrement, pour varier
les points de vue. Alors qu'un des partants semblait blasé, se montrant inflexible - pas un orteil ne doit déborder
-, un des nouveaux attire d'emblée la sympathie en se montrant particulièrement
intéressé par l'historique des précédentes éruptions, n'hésitant pas à poser
de nombreuses questions, tout en veillant au grain ...
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![]() Vers 11h, une haute silhouette à la marche rapide, armée de la pelle
métallique, suivie dans son ombre par une autre plus petite, sautillante,
annoncent l'arrivée de Thomas Staudacher, directeur de
l'Observatoire Volcanologique, et de son assistante. Ils vont dévaler la pente de
lapilli, à la rechercher d'un point d'échantillonnage ...
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Ils vont
piquer directement en
direction du cône, puis ils feront demi-tour, pour se diriger vers le
front de coulée au nord-est. A ce moment, un magnifique débordement
se produit au sud, avec une langue rougeoyante de plusieurs mètres. Thomas
Staudacher semble avoir trouvé un lieu propice : il enfile prestement
sa tenue scintillante,
s'approche, enfonce la pelle à long manche, la retire vivement, dégage
la masse en fusion et encore plus rapidement plonge
l'échantillon dans l'eau de la "gamelle", qui va bouillonner un
instant ... |
![]() 11h30 - Il est temps de revenir vers le parking du Pas de Bellecombe, qui
sera atteint vers 13h30, après quelques arrêts, dont un au premier point
d'observation, où une foule est alignée sur plusieurs dizaines de
mètres ...
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![]() De nombreux pèlerins seront croisés, deux chiens (dont un
dans les bras de son maître), plusieurs bébés, confortablement assis, à
l'ombre, transportés sur le dos
de leur père, des touristes en simple débardeur et tête nue, une dame en
jupe et ballerines, un monsieur, doté d'un solide embonpoint, torse nu ... les
uns marchant d'un pas décidé, d'autres présentant des signes
précurseurs de fatigue ...
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![]() - Dites, c'est bientôt le bord du cratère ?
-, toussont animés d'un enthousiasme à peine terni par le commentaire
désabusé de certains marcheurs sur le chemin du retour qui distillent,
insidieusement, sur le ton de la confidence - Bah ! pas grand chose
... c'est trop loin ... cela ne pas saute très haut ...
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![]() Thomas Staudacher, comme une fusée, toujours suivi par son ombre bondissante,
dépasse tout le monde, coupant allègrement directement vers le Formica
Léo. En haut du Pas de Bellecombe, le portail n'est
pas encore fermé à la descente, mais à presque 14 h, peut-on encore
espérer aller jusqu'en haut du Dolomieu ? Il faut bien 1h30 pour aller au premier point de vue
sans pratiquement s'arrêter, d'où il faudra presque aussitôt repartir,
l'heure de l'évacuation progressive étant fixée à 15h30. Ne
pensez pas que le retour soit plus rapide, la descente vers la Chapelle
mobilise les genoux. Au belvédère, près du kiosque, sont apparus une grande
antenne, un véhicule des pompiers, et au parking, un car déverse des
lycéens transportant les cartons du pique-nique ...
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Procurez-vous
à la Maison du Volcan et dans
les Offices du Tourisme le dépliant
édité par la préfecture de la Réunion, en partenariat avec l'Observatoire volcanologique,
la gendarmerie
et l'ONF
: Piton de la Fournaise, conseils et prévention,
qui présente les dangers et les consignes de randonnées, les
différentes phases d'alerte, des conseils, des chiffres-clés et les
numéros de téléphone à retenir.
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